Béatification du Cardinal Newman
John Henry Newman sera béatifié personnellement par Benoît XVI le 19 septembre 2010. Cet événement marquera le sommet de son voyage en Angleterre, dans un pays dont l'Eglise anglicane reflète comme un microcosme les tensions qui travaillent une société occidentale plongée dans la culture du relativisme. Les enjeux de cette béatification dépassent donc le cadre de la reconnaissance officielle de la sainteté d'un membre de l'Eglise. En béatifiant Newman, le pape donne à l'Eglise catholique, comme à l'Anglicanisme, l'exemple d'une quête rationnelle de la vérité qui fut en même temps un itinéraire spirituel de sainteté, à travers un abandon à la voix de la conscience. Et cette quête ne fut pas celle d'une vérité abstraite, mais d'une vérité incarnée, dans le Christ et dans l'Eglise qui continue sa présence dans le temps. En ce sens, on peut dire que l'itinéraire de Newman a anticipé la conception de l'Eglise du Christ définie par le concile Vatican II. Cette Eglise ne se réduit pas à une institution extérieure, à laquelle le croyant devrait conformer sa pensée et sa vie; pour Newman, la conscience est déjà une réalité ecclésiale, le «Vicaire originel du Christ». Le chemin qui l'a conduit de l'Anglicanisme à l'Eglise ne doit pas être vu comme une succession de ruptures mais comme un approfondissement de ce que Newman croyait déjà comme anglican, mais qu'il ne pouvait pas pleinement vivre dans son Eglise d'origine. Comme l'a dit le pape Paul VI, «pour aller jusqu’au bout de ce qu’il jugeait la Vérité, Newman a renoncé à l’Eglise d’Angleterre non pas pour se séparer d’elle, mais pour l’accomplir. Il ne cessait pas de croire ce qu’il avait cru, mais il le croyait davantage encore, il avait porté sa foi anglicane jusqu’à sa plénitude. Une conversion est un acte prophétique. Newman a vécu l’histoire de la réunion future, de cette récapitulation en Jésus-Christ dont le moment nous est encore caché, mais à laquelle nous aspirons tous. » |
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